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Virtuel, hebdomadaire, pour les arts et la culture dans nos Laurentides Édition du 20 mars 2019

Témoins et Altérations fécondes

Sur des chemins de traverses distincts qui se ramifient et s’entrelacent, les expositions d’Hélène Brunet Neumann et Carole Pilon nous rappellent notre condition humaine, l’humilité de l’homme et de la femme devant la nature et la totale interdépendance de tous les êtres vivants. Dans leurs sillages respectifs, la force vibratoire et rayonnante de leurs œuvres rejaillit en nous. Malgré tout. En dépit du chaos ambiant, des bouleversements géo-politiques, écologiques et technologiques qui nous guettent d’où que l’on soit, de part en part. Toutes deux ravivent la précarité de l’équilibre entre l’Homme et la nature, l’impératif de sa nécessité existentielle, essentielle, et la réciprocité des transformations qui en découlent immuablement.

Hélène Brunet Neumann nous convoque à titre de témoin d’une époque, la nôtre. D’une pièce à l’autre, elle nous fait prendre part à un caucus en installant au sein même de sa pratique artistique multiple, peinture, sculpture, estampe, in situ, l’empreinte mixte de ces personnages fantomatiques qui hante sa démarche, —sentinelles, mages-poètes, vigiles, gardiens et esprits des lieux, peuplades lointaines et si proches tout à la fois —, et qui interpelle les spectateurs. Depuis 1994, Hélène Brunet Neumann emprunte les chemins de la gravure qui l’ont amenée maintenant à confronter tradition et innovation. Vous découvrirez un corpus inédit où l’usage de technologie côtoie celui de la main du peintre aux sources mêmes des rives de l’art rupestre.

Sculpteur, Carole Pilon œuvre avec le verre depuis plus de trente ans. Tournée vers les phénomènes de transformation et d’adaptation des corps, elle explore les règnes humain et végétal en évoquant leurs liens immémoriaux, inséparables. Ce faisant, elle pose la question de leur équilibre et la recherche de la juste proportion, vice-versa. «Culturaliser» la nature et naturaliser la culture. Son usage exceptionnel du verre de synthèse avec d’autres matières, telles que le béton, contribue à nourrir ce questionnement tout en manifestant la précarité de la relation; puissance et fragilité s’y affrontent pendant que les formes entremêlées s’entrechoquent plus ou moins transparentes ou opaques, claires et mystérieuses.

Au milieu de ces expositions, souhaitons-nous cet équilibre tant recherché entre la nature et nous, ensemble. À notre tour, ensuite, de passer le témoin.

Val-davidoise, Hélène Brunet Neumann a exposé à Montréal, St-Boniface, Waterloo, au Bengale, notamment. Commissaire indépendante, elle a signé plusieurs textes dans des revues. Boursière du CALQ, de la SODEC, elle reçut en 2018 le Prix Passion dans le cadre des Grands prix de la culture dans les Laurentides pour la diversification de son implication et de son engagement dans le milieu.

Au Centre d’exposition de Val-David, jusqu’au 5 mai. Pour plus d’infos, cliquez.

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