Centre d'exposition de Val-David
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Virtuel, hebdomadaire, pour les arts et la culture dans nos Laurentides Édition du 15 août 2018

Pour les autres expositions

Embrassez le monde de la sculpture!

L’art lave notre âme de la poussière du quotidien.

Picasso

Sortez du quotidien et de l’anesthésie qui le recouvre trop souvent. Embrassez le monde de la sculpture cet été grâce à quatre artistes qui vous invitent à partager leurs visions singulières, dans le flux permanent de l’art et de la vie. Véritable carrefour artistique, leurs expositions croisées vous offriront l’occasion de vous rencontrer et d’échanger autour d’elles, de vous laisser prendre aux jeux et enjeux perpétuels de l’interprétation et de l’interrogation.

Retrouvez l’univers fabuleux de Pierre Leblanc sous le signe de «la nature au cœur et de l’arbre en bandoulière» comme il aime à dire. Ses œuvres ne sont pas sans évoquer une inquiétude environnementale, car sa démarche depuis longtemps est tournée vers l’idée de l’arbre, «ce compagnon de voyage intérieur», écrit-il, «sa provenance». Après avoir été initié à la sculpture par André Fournelle et Armand Vaillancourt à la Fonderie expérimentale de Pierrefonds, Leblanc poursuivit son aventure artistique en réalisant plusieurs projets d’intégration à l’architecture. Dès 1974, il s’établit à Val-David. Avec le temps, il commença à ciseler le métal; l’effet de guipure qui s’ensuivit, caractéristique des embranchements et des racines qu’il y découpe, le ramène à son enfance et s’emmêle au souvenir de sa mère en train de broder. De là, vient l’esprit de son exposition.

Au premier étage, laissez-vous emporter par la gestuelle rituelle de Cal Lane. Découvrez l’œuvre manifeste de cette prodigieuse dentellière du métal qui ose souder, percer, découper, perforer, d’un côté pelles et brouettes, de l’autre, bidons et barils de pétrole, capots et portes d’auto, manœuvrant la banalité d’objets rouillés qu’elle s’amuse à retourner et détourner de leur sens communs, terre à terre, mettant à jour leur obscure part. Mais, pourquoi napper le sol de terre? Qu’y a-t-il de l’autre côté de la matière qu’elle sculpte si précisément? Un éveil? Un rappel? «Avant que la poussière ne retourne à la terre, comme elle y était, Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste, tout est vanité (12 :7).» La tôle érodée, corrodée n’est pas sans montrer ce que nous pillons de la terre. Ce qui en reste. Le regard anthropologique que Lane porte sur notre manière de vivre au quotidien, à chaque jour, parle de ce qui est, de ce que nous sommes et perce l’abîme de nos habitudes.

Enfin, au-dehors dans le parc Léonidas Dufresne, le Centre présente C’est quoi le fond de la question?, une oeuvre monumentale de l’artiste interdisciplinaire Soufia Bensaïd et du sculpteur ébéniste Mathieu Patoine, une immense chaise longue, double, tout en bois ouvragée, ajourée aux lattes finement incrustées d’interrogations multiples, - des mots d’enfants – qui saura vous réjouir. Prenez siège au grand air, respirez profondément. Saisissez l’instant présent, sa clémence. Une fois assis dans cet oasis de paix, contemplez simplement les ciels d’été val-davidois, le soleil, la voie lactée, une lune complètement ronde, des myriades de nuages, et puis, vous prendrez peut-être l’habitude de revenir vous y reposer, méditer, cueillir le jour, aux portes du septième ciel…

Au plaisir de vous accueillir, au vernissage et tout au cours de l’été!

Manon Regimbald

Du 23 juin au 9 septembre. Pour plus d’infos, cliquez.