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Virtuel, hebdomadaire, pour les arts et la culture dans nos Laurentides Édition du 11 juillet 2018

Pour les autres expositions

Un projet bilan de Sophie Jodoin

Room(s) to move : je, tu, elle est un projet bilan composé de trois expositions distinctes portant sur le travail de l’artiste montréalaise Sophie Jodoin. Présentés respectivement par EXPRESSION, le MacLaren Art Centre et le Musée d’art contemporain des Laurentides, chacun des chapitres du projet décline la réalité d’une femme sous un angle spécifique : celui de l’introspection (je), de l’univers domestique (tu) et de l’approche analytique et clinique (elle). Le langage joue un rôle d’articulation central dans la démarche de Jodoin, qui déploie ses dessins, collages, vidéos et objets trouvés de manière à créer des assemblages à lire. Le corps, de plus en plus discret dans ses œuvres, réapparaît ainsi à travers la prise en compte du visiteur invité à parcourir ses installations. Au Musée d’art contemporain des Laurentides, Room(s) to move : elle, troisième chapitre du projet, s’intéresse aux discours et contextes qui font de cette femme un objet d’étude, ainsi qu’aux rapports de pouvoirs que ces situations révèlent.

Sophie Jodoin a étudié les arts visuels à l’Université Concordia. Elle a présenté son travail au Canada et à l’international dans des centres d’artistes, des galeries, des musées et des foires. Ses projets collaboratifs, qui touchent aux univers de la littérature, du théâtre et de la poésie, ont été réalisés entre autres avec Wajdi Mouawad, Michael Ondaatje et Christian Lapointe. En 2017, elle a gagné le Prix Louis-Comtois et le Prix Giverny Capital.

Au Musée d’art contemporain des Laurentides, du 5 juin au 29 juillet. Pour plus d’infos, cliquez.

Collection permanente du MAC LAU

Les institutions ont leur vie, jalonnée par des transformations qui circonscrivent leur avenir. À l’aube de son quarantième anniversaire, le MAC LAU présente une exposition qui témoigne des moments charnières de l’histoire du Musée et qui amorce le processus de transformation de sa collection.

Texte accompagnant l'exposition

Vous êtes dans la première salle du Musée, la petite salle. Sa taille est restreinte, occupant la pleine profondeur du bâtiment original du vieux palais de justice de Saint-Jérôme construit en 1922 – 1923. La grande salle, elle, occupe un espace ajouté en 1987 lors de l’agrandissement du bâtiment. Le mur où je suis apposé ainsi que celui à ma droite sont faits de lauan et ont été ajoutés à la salle en deux phases – 1987 et 2009. Ils ont été modulés par des charnières apparentes qui permettent l’accès à un espace de rangement pour des œuvres de la collection ainsi que pour du mobilier d’exposition. Cette matière étant moins résistante et plus difficile à restaurer, un rail installé sur les pourtours supérieurs de la pièce a servi à une certaine époque de système d’accrochage pour éviter d’en percer la surface. Par souci des conditions de conservation, les fenêtres toujours présentes derrière les cloisons ont été recouvertes afin d’éviter l’entrée de lumière et l’accumulation de chaleur.

Pour sa part, le mur contigu à la grande salle est solide puisqu’il recouvre le tracé du bâtiment d’origine, fait de pierre massive qu’on peut d’ailleurs observer lorsqu’on contourne l’extérieur de la salle Antony-Lessard. L’épaisseur du mur est visible dans le rectangle blanc qui précède l’accès à la salle suivante. Ses qualités permettent d’y accrocher des objets plus lourds et conditionnent, jusqu’à un certain point, les choix scénographiques. De part et d’autre de la porte d’entrée, les parois de briques laissent peu de manœuvres possibles puisque ces dernières sont de classification patrimoniale.

Légèrement décentré vers votre droite, un classeur à plans superposables contient quatre tiroirs. Chacun présente une sélection d’archives et de documents administratifs témoignant des moments charnières et des transformations successives qui ont constitué le Musée au cours des quarante dernières années. Ce classeur est le pivot à partir duquel des ponts peuvent se créer avec le lieu dans lequel vous vous trouvez.

Maintenant. La table et les fauteuils légèrement décentrés vers votre gauche servent de lieu de travail pour le comité qui doit repenser le champ artistique du Musée, à commencer par sa collection et sa vision de la diffusion de l’art contemporain. La première question qui animera les échanges tout au long de l’exposition sera orientée sur le rôle esthétique et politique d’une institution de la nature d’un musée d’art contemporain. Ne soyez donc pas surpris, ni gênés, si certaines personnes discutent pendant votre lecture, ils font partie de l’exposition.

Entourant les deux excentricités que je viens de décrire, une sélection d’œuvres tirées de la collection du MAC LAU marque un point de vue sur cette dernière. Ces œuvres fenestrent le développement de sa collection à travers l’histoire de l’institution. À toute fin pratique, cet état des lieux est le prisme à partir duquel le Musée amorce un nouveau mouvement autour de ses approches d’acquisition et de conservation qui transformeront l’exposition, tout comme les perspectives de son avenir.

Au Musée d’art contemporain des Laurentides, jusqu’au 5 août. Pour plus d’infos, cliquez.