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Virtuel, hebdomadaire, pour les arts et la culture dans nos Laurentides Édition du 18 avril 2018

L’objet, petite apologie de la disparition

Dans un désir d’approfondir sa réflexion sur l’autofiction, ainsi que la relation cinématique entre l’objet, la lumière et la vidéo – sa magnification, son altération et son effacement, autant physiques que métaphoriques – Chloë Charce explore le thème de la disparition par le truchement des notions de double, de temporalité et d’illusion. En considérant la matérialité de l’objet comme lieu potentiel de transformation, elle déjoue les frontières entre le fictif et le réel à travers une réflexion sur la ville et l’architecture, amorcée par une série de répliques architecturales en acrylique blanche, éclairées à l’aide de néons. Ces éléments empruntés à la mémoire des lieux incarnent une présence, un point d’ancrage dans l’histoire, témoins d’une tradition artisanale disparaissant peu à peu au profit d’une standardisation inéluctable.

Tromper le spectateur. Ne pas tout lui donner à voir. Posant son regard sur les interstices, le hors-champ, la présente exposition offre des fragments métonymiques du réel : des bouts de ciel, des vestiges d’architecture, des paysages utopiques faits d’objets de verre, un néon éclairant le néant. La blancheur fantômatique des éléments suspendus dans l’espace (Point de fuite) ou gisant au sol (Vestige), ou encore la rencontre des volutes de fumées et de la transparence des vases assemblés (Théâtre de silice – Miroirs sans tain), révèlent une fascination autrement invisible, une expansion immatérielle de l’objet lui-même, laissant place au rêve, à la fuite métaphorique. Entre mémoire, fiction, utopie et réalité, telle une sorte « d’archéologie du futur », c’est aussi l’aspect indiciel, imaginaire et poétique du thème de la disparition qui interpelle l’artiste.

Au Musée d’art contemporain des Laurentides, du 12 avril au 2 mai. Pour plus d’infos, cliquez.

Tous les mèmes

La création d'images s'étend de nos jours à toutes les sphères humaines. Autrefois l'apanage de l'Artiste, ce descendant de Saint-Luc, l'image ne se résume dorénavant qu'au simple fait d'appuyer sur un bouton. La miniaturisation technologique et son avancement, mis en lien avec les algorithmes qui perfectionnent les images prises, sont au cœur de cette démocratisation créatrice. En plus de ces optimisations, l'existence d'une banque de fichiers indexés accessible à tous, tel Google, permet de puiser et transformer ce corpus pour en produire de nouvelles copies. Un exemple quotidien de cette manipulation est le «mème». Le «mème » consiste en une image de la culture populaire où y est apposé un commentaire parfois humoristique, parfois acerbe. On le retrouve de façon continue sur les médias sociaux, blogosphères ou sites humoristiques.

Tous Les Mèmes / Always Meme-cking de Pierre Chaumont met en scène ce type d'images numériques d'un point de vue social et l'applique dans un contexte muséal. Entre espace bonbon et petits ricanements, une réalité contemporaine s'affiche.

Au Musée d’art contemporain des Laurentides, du 12 avril au 2 mai. Pour plus d’infos, cliquez.