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Le Festival Phénomena se réinvente... comme à son habitude!

En cette année surprenante et inquiétante, la neuvième édition du Festival Phénomena, qui aura lieu du 3 au 23 octobre 2020, se fera sous le thème de la Résilience. La programmation sera essentiellement numérique avec la présentation de neuf courts-métrages sur l’art, de deux captations de spectacles diffusées en différé, et d’un parcours sonore. Mais comme Phénomena ne saurait exister sans un contact privilégié avec le public, il y aura aussi deux spectacles présentés en extérieur.

Compte tenu de la pandémie, il n’était certes pas une bonne idée de présenter nos habituels cabarets festifs dans la petite Sala Rossa devant un public collé collé! Il a donc fallu changer complètement les paradigmes et se tourner vers le numérique. Le défi était de proposer quelque chose de pertinent aux artistes et au public, tout en maintenant l’intégrité et la qualité artistique du Festival.

Il faut dire que D. Kimm, directrice artistique du Festival, était fort critique face à cette pression faite sur le milieu culturel de se «réinventer rapidement avec les outils numériques ». Phénomena a toujours su se renouveler année après année et explorer de nouvelles avenues, pandémie ou pas. Face à ce virage numérique, le Festival n’a pas hésité à donner un coup de main multimédia aux artistes de la famille phénoménale, la plupart issus de la performance et des arts vivants, et donc pas nécessairement familiers avec les outils numériques.

D. Kimm a ainsi transformé les contraintes de la crise en opportunité pour aider les artistes à expérimenter et élargir leur rayonnement. En effet, les artistes habituellement présentés au Festival sont des artistes interdisciplinaires, atypiques et alternatifs, dont on voit peu les productions sur le Web. Ce sera également une occasion pour le public hors Montréal de découvrir des artistes et un festival hors-norme, extravagants et exubérants.

La programmation

Après plusieurs mois d’isolement, de deuils à faire et de détresse, il nous fallait un événement festif, à l’image de la Parade Phénoménale, pour lancer le Festival. Pour donner le coup d’envoi, la population est invitée à se costumer de manière extravagante et à venir danser dans le parc Baldwin, le samedi, 3 octobre, à quatorze heures, tout en respectant les mesures de distanciation. Le tout sera mené par la chorégraphe Hélène Langevin de la bien nommée compagnie Bouge de là.  

La Sala Rossa, c’est la maison et le quartier général de Phénomena. Il était donc de mise d’y filmer deux spectacles qui seront diffusés sur le Web. Tout d’abord La Chapelle ardente de Michel Faubert, entouré d’un band de rêve sous la direction de Bernard Falaise, un spectacle où se mêlent poésie, chant et musique, librement inspiré du Manuel de la Petite Littérature du Québec de Victor-Lévy Beaulieu. Ensuite Cabaret secret, un cabaret atypique, intime et inclusif, en collaboration avec la joyeuse équipe féminine et féministe de Cirquantique et leurs invités, qui mêle arts circassiens, breakdance, bondage et burlesque.

Quelques habitués du Festival ont pour la première fois créé un court-métrage sur leur art. On pourra voir notamment une correspondance ludique entre la marionnettiste Marcelle Hudon et le musicien Bernard Falaise, une vidéo-performance de Stéphane Crête portant sur le deuil et le vide, une vidéo-danse mettant en scène l’artiste multidisciplinaire Marie-Hélène Bellavance (Corpuscule Danse) et ses filles, ou encore une vidéo de Claire Renaud portant sur une icône du sport : la cheerleader.

Suite à une première expérience marquante avec le Deaf performances Cabaret de performances sourdes, présenté l’année dernière, D. Kimm a poursuivi sa collaboration avec des artistes sourds en les accompagnant dans la production de trois vidéos-poème en langue signée québécoise (LSQ) entièrement réalisées par des artistes sourds, soit les performeurs Hodan Youssouf, Jennifer Manning, Theara Yim et l’artiste visuelle Sera Kassab. Il s’agit de créations singulières qui mettent en valeur la poésie de la langue signée qui est une langue en soi avec ses subtilités, ses nuances et ses images. Les artistes sourds ont peu d’occasions de se diffuser et nous sommes particulièrement heureux d’offrir au public une rare opportunité de mieux connaître cette communauté très active.

L’édition 2020 sera aussi l’occasion de découvrir les créations de deux artistes plus aguerris avec les technologies numériques. Le projet de vidéo-danse Pas d’apparat corps de Guillaume Vallée, en collaboration avec la chorégraphe torontoise Calla Durose-Moya et le musicien Hazy Montagne Mystique, porte sur l'impact psychique des traumatismes. De son côté, l’artiste autochtone Dayna Danger a été grandement affectée par la pandémie. Dans sa vidéo Beading Kin, l’artiste, dont la pratique est enracinée dans l’interconnexion et les liens de parenté, explore les thèmes de la connexion, du langage, de l’épuisement et de l’apprentissage de l’échec.

Cette neuvième édition invitera quand même les festivaliers à mettre les pieds dans le Mile End avec un parcours sonore dans le quartier, une première pour le Festival. Accompagné par la voix du comédien Christian Vanasse, le public pourra découvrir l’exposition de cadres lumineux en 3D créés par la conceptrice lumière et scénographe Lucie Bazzo, exposés dans les vitrines des commerçants du quartier. Le parcours en huit stations est ponctué d’anecdotes historiques présentées par Melanie Leavitt de l’organisme Mémoire du Mile End.

Finalement, Phénomena est particulièrement fier de s’associer à nouveau au danseur et chorégraphe Peter Trosztmer pour présenter une création in situ intitulée Falling Slowly. La pièce d’une durée de trente minutes présentée à cinq reprises transportera un public de quarante personnes à la fois dans l’environnement industriel d’un stationnement du quartier Griffintown.

Infos pratiques

Considérant que les productions artistiques ont une valeur, mais tenant à demeurer le plus accessible possible, le Festival a établi trois options de Passes (Accessible à zéro dollars (0$), Solidaire à vingt dollars (20$) ou Phénoménale à quarante dollars (40$)) qui donneront toutes accès à l’ensemble des productions. Le spectateur pourra ainsi décider quelle contribution il est en mesure d’apporter.  

Les onze productions numériques lancées entre le 5 et le 15 octobre seront chacune disponible durant une semaine.

Des rencontres Zoom seront organisées avec plusieurs artistes.

Le spectacle Danse ton parc présenté au parc Baldwin, le samedi, 3 octobre, à quatorze heures (remis au dimanche, 4 octobre, en cas de pluie) pourra accueillir un maximum de deux cent cinquante personnes en distanciation sociale et des «bulles familiales» seront balisées

Le spectacle Falling Slowly présenté le 19 octobre (remis au mardi, 20 octobre, en cas de pluie), compte cinq représentations (dix-sept heures trente, dix-huit heures quinze, dix-neuf heures, dix-neuf heures quarante-cinq, vingt heures trente) avec une capacité de quarante personnes chacune. Réservations obligatoires.

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