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De bonnes nouvelles pour le MAC LAU dans cette période trouble

C’est arrivé comme ça, pendant la pandémie, le MAC LAU reçut de bonnes nouvelles qui sont venues, dans ce moment d’incertitude, apaiser les perspectives de notre avenir. Ces nouvelles ne sont pas le résultat de la situation actuelle. Elles sont le fruit de plus de six années de travail, artistique comme politique, afin de faire valoir la place du Musée dans sa région comme dans sa communauté de pairs.

C’est donc officiellement à partir de maintenant que l’étendue du Musée d’art contemporain des Laurentides est proportionnelle à son nom, puisque pour la première fois de son histoire, il se trouve soutenu par l’ensemble des soixante-seize municipalités de sa région qui lui apportent un soutien financier trisannuel, bonifiant de 50% sa subvention de fonctionnement. C’est Roger Hotte et Josée Yelle à la tête de la MRC de la Rivière-du-Nord, ainsi que Philippe Leclerc qui dirige la table des préfets des Laurentides, qui ont permis l’étendue de notre reconnaissance, soutenus à notre grande joie par l’ensemble des préfets des sept MRC des Laurentides.

Sur le plan fédéral, le Conseil des arts du Canada vient d’octroyer au MAC LAU une augmentation de 50% de sa subvention de fonctionnement, nous laissant entrevoir l’avenir avec plus de lumière, décoré en trame de fond par le projet d’immobilisation qui nous l’espérons nous mènera dans un nouveau Musée au cours des prochaines années.

Ces bonnes nouvelles ont cependant leur ambivalence, leurs sentiments partagés parce qu’elles arrivent aujourd’hui alors que le monde est effrité, et la vie culturelle l’est tout autant parce qu’être en contact est, depuis un moment qui peut paraître long, difficile, voire peu recommandé. Bien que valables et absolument nécessaires dans le contexte actuel, les raisons qui ont poussé à cette abstinence ont un effet réel sur notre milieu et sur la vie dont le précepte de base repose sur l’expérience physique de l’autre / de l’œuvre – expérience dont le «numérique» ne peut être l’unique modalité. Comme plusieurs autres, nos pairs artistes, ainsi que nos collègues des arts vivants, n’ont aujourd’hui pas la vie facile devant l’incertitude des mois à venir, et peut-être surtout face au manque de clarté relativement à leurs réalités respectives.

Demandons-nous à la recherche fondamentale ou à la recherche scientifique de se réinventer? Non. On travaille à leur octroyer avec raison les ressources justes et nécessaires afin qu’ils inventent ce qui n’existe pas encore. En l’occurrence dans le cas de la pandémie, d’inventer des manières pour nous permette à nouveau de nous rejoindre physiquement, humainement, les uns à proximité des autres. C’est ce qu’on devrait exiger des artistes, qu’ils/elles continuent à faire ce qu’ils/elles font, juste ce qu’ils/elles font, l’invention est déjà considérable. Et cela afin d’envisager avec l’allègement d’une joie certaine le moment où à nouveau nous pourrons nous rejoindre. Que ce soit physiquement, humainement, les uns à proximité des autres, dans l’art, les ateliers, les salles de répétition, les galeries, les centres d’artistes, les Musées, les salles de représentation des arts vivants – lieux où se manifesteront l’état actuel d’une vie en train de se transformer, et ce, pour le meilleur et pour le pire.

Mais une fois que nous nous sommes dit cela, nous nous disons que nos bonnes nouvelles ne le sont pas que pour nous. Elles le sont pour la communauté des artistes que nous desservons et qui en bénéficie au premier chef, suivi de très près par nos communautés locale et régionale avec qui nous entretenons des liens réciproques d’échanges.

Il y a plusieurs années, le MAC LAU a décidé de placer au centre de son institution l’art et les artistes. Cette perspective doit être défendue, plus largement implantée, et les enjeux de soutien aux arts et à la culture devraient reconnaître le principe de base selon lequel les artistes ne devraient jamais avoir besoin de se réinventer parce que dans leur cas, ce serait plutôt l’occasion d’une redite, leur travail étant d’inventer à nouveau.

En terminant, comment ne pas être bouleversé, une fois de plus, par les images horrifiantes qui défilent devant nos yeux et qui provoquent le soulèvement nécessaire contre le racisme. Déjà, le MAC LAU a mis en place un groupe de travail qui se penche sur ces questions, et notre solidarité envers les communautés racisées est immense.