Dans nos Laurentidess logo Édition du 10 août 2022 / 508e édition
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Dans sa dixième année!
Mise à jour: 29 mars 2022
Le Mouvement Québec Français des Laurentides

Fondé en 1972, le Mouvement Québec Français est une organisation citoyenne et militante active dans toutes les régions du Québec ayant mission de promouvoir et défendre la langue française. Son objectif consiste à faire du français la seule langue commune de l’espace public au Québec.

Le Mouvement Québec Français a pour mandat de mobiliser les citoyens de toutes les régions du Québec afin de contrer l’anglicisation de notre territoire en favorisant une participation citoyenne engagée, d'intervenir auprès des élus pour les sensibiliser à l’importance du renforcement de la Charte de la langue française dans le but de véritablement faire du français la seule langue officielle et commune du Québec, d'augmenter l’attraction de la langue française par une promotion soutenue auprès de tous les milieux de la société québécoise et de faire du français la seule langue d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants.

Les lauréats des Prix d’excellence en français Gaston-Miron

La Société nationale des Québécoises et des Québécois, région des Laurentides (SNQL) et le Mouvement Québec français des Laurentides (MQFL) sont heureux d’annoncer les lauréats pour cette dixième édition des Prix d’excellence en français Gaston-Miron. Ces prix sont décernés annuellement à des personnes, des entreprises ou des organismes qui se distinguent par leur contribution à la promotion et à la valorisation de la langue française sur le territoire des Laurentides.

Dans la catégorie Individu, le Prix d’excellence en français Gaston-Miron est remis à Monsieur Marc Sauvageau, de Mirabel. Artiste multidisciplinaire qui conjugue la poésie, le théâtre, la vidéo, le conte et l’édition d’œuvres réalisées par des jeunes du milieu scolaire primaire et secondaire. Sa créativité passe par le monde du «slam». Pour lui, tout est poésie. Le milieu culturel a reconnu sa contribution artistique en lui remettant de nombreux prix. Nous voulons souligner son engagement ininterrompu à vouloir transmettre l’amour de la langue française auprès des jeunes.

Dans la catégorie Organisme, le Prix d’excellence en français Gaston-Miron est remis à l’organisme En moins de deux, de Sainte-Adèle. Préoccupé par l’apprentissage du français chez les élèves, l’organisme a préparé des capsules qui s’adressent d’abord à eux. Ces capsules sont présentées sur le Web, ce qui permet d’être accessible à tous. La facilité d’accès de ce médium d’apprentissage de la langue française permet aussi de rejoindre d’autres clientèles telles que les adultes, les nouveaux arrivants et les anglophones désireux d’apprendre le français, et ce, même en dehors du territoire des Laurentides. Le prix a été remis à M. Mathieu Roy, directeur de l’organisme.

Rappelons que la remise de ces prix s’est déroulée au Théâtre Le Patriote de Sainte-Agathe-des-Monts, lors d’un gala pour souligner la dixième édition, le dimanche, 27 mars 2022. Notre conférencier, Monsieur Jean-Paul Daoust, poète et chroniqueur à la radio de Radio-Canada, a su capter l’auditoire par sa sensibilité et son amour inconditionnel à Gaston Miron. Louise Forestier, Pierre Flynn et Gilles Bélanger (musicien, interprète, directeur artistique et instigateur des «Douze hommes rapaillés») ont, quant à eux, offert une remarquable performance à l’assistance, en interprétant quelques-unes des très belles chansons des «Douze hommes rapaillés».

Par cet événement, la SNQL et le MQFL souhaitent encourager, de façon concrète, les efforts pour l’épanouissement du français sur le territoire des Laurentides.

Prix d'excellence en français Gaston-Miron 2022
De gauche à droite : Gilles Broué, président de la SNQL, Mathieu Roy, directeur général de l’organisme En moins de deux, lauréat catégorie Organisme, Nadine Girault, députée de Bertrand, Ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Marc Sauvageau, lauréat catégorie Individu, et Réjean Arsenault, président du MQFL.
Les lauréats des Belles lettres des Laurentides 2021

Le Mouvement Québec français des Laurentides (MQFL) a convié la population des Laurentides à son concours de création littéraire « Les Belles Lettres des Laurentides », et ce, pour une huitième année consécutive et malgré la pandémie. Cette année, le thème était «Quand les hommes vivront d’amour» de Raymond Lévesque, un de nos plus grands auteurs-compositeurs qui est décédé cette année de la Covid 19. Nous avons été en mesure de tenir notre cérémonie de remise des prix aux lauréats, le dimanche, 14 novembre 2021, au Centre communautaire Notre-Dame de Saint-Jérôme.

C’est avec une immense satisfaction que le MQFL a constaté que la population laurentienne était toujours au rendez-vous. Guidés par des critères d’évaluation précis, les juges ont effectué un travail minutieux pour déterminer les trois meilleures lettres parmi les textes d’une grande qualité qui leur furent soumis.

Les lauréates du concours sont :

Le premier prix fut décerné à Denise Montpetit de Rosemère, avec une bourse de cinq cents dollars (500$).

Le deuxième prix fut remis à Gisèle Lanthier-Bart de Saint-Jérôme, avec une bourse de trois cents dollars (300$).

Le troisième prix fut offert à Manon St-Hilaire et sa classe de sixième année de l’école Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Saint-Jérôme, avec une bourse de deux cents dollars (200$).

Sylvain Poirier, auteur-compositeur-interprète, a conquis le public en interprétant quelques-unes des chansons de Monsieur Raymond Lévesque, mais surtout par sa magnifique interprétation de la chanson thème «Quand les hommes vivront d’amour».

Le Mouvement Québec français des Laurentides est fier de reconnaître le talent littéraire des participants à ce concours en offrant une courte vidéo qui sera mise sur le site Internet du Mouvement Québec français, ainsi que les trois textes gagnants. Nous invitons la population à vous rendre sur le site suivant : https://quebecfrancais.org/rubriques/belles-lettres-des-laurentides/ ou encore sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/MQFLaurentides/.

Les nombreux commentaires positifs reçus nous incitent à poursuivre cette formule pour les années futures. Nous sommes heureux de convier la population à ce concours annuel qui reviendra en septembre prochain.

1er prix/Denise Montpetit
Le texte du premier prix
des Belles lettres des Laurentides 2021

Lettre à Chénoa

Manawan, 27 septembre 2021

Chère Chénoa,

Je sais qu’ils ont commencé à creuser derrière le pensionnat pour Autochtones de Pointe-Bleue surplombant le lac Piékouagami. Tu te doutes assurément que le grand aigle noir découvrira les ossements de Winona, ton enfant chérie, qui aurait cinquante et un ans aujourd’hui. Je te transmets toute ma tendresse et je t’enveloppe avec la chaleur d’une fourrure de vison. Les années de guerre silencieuse entre les Premières Nations, les Inuit et les Métis, et les blancs catholiques éclatent au grand jour. Je ressens autant que toi la douleur qui revient transpercer mes tripes comme une flèche dans le flanc d’un caribou.

Chénoa, j’ai mal, très mal.

Les soutanes de mépris, d’intolérance envers nos enfants cachent aussi les abus physiques et psychologiques avec lesquels nos guerriers impuissants ont dû se battre, sans arme. J’essaie de chasser les souvenirs d’horreur qui réapparaissent comme des spectres de fantômes dans mon cœur. Le soir, mon écorce tremble de colère et d’agressivité. Qu’aurions-nous pu faire toi et moi pour protéger nos petits des mauvais traitements, de la négligence et de la maladie ? Ils ont perdu leur liberté le jour où ils sont partis, nos amours. Il y a eu un grand barrage sur la rivière de leur vie. Ta fille Winona et mon fils Isha ont été forcés d’oublier nos valeurs et coutumes. Ils ont été battus pour les mots attikameks qui sortaient de leur bouche. Ils sont tombés au sol sous les coups des Oblats, beaucoup plus lourdement que le vent qui provoque la chute des feuilles. Le tonnerre a grondé dans leur tête et les éclairs ont foudroyé leurs cœurs d’enfants. Winona et Isha ont été piétinés comme des braises en enfonçant leur estime de soi et leur identité.

Maintenant, ma résilience contient des émotions refoulées. Certains jours, je transporte des intentions de vengeance et de rancune qui ne serviraient à rien de toute façon. J’ai tenté de fabriquer des centaines de capteurs de rêves afin que mes cauchemars incessants soient capturés, en vain.

Nous avons peu parlé ensemble de nos souffrances personnelles au fil des années. Mais quand je te visitais, la peine déchirait ton regard. Je voyais que tu portais toujours à ta ceinture la reproduction des mukluks[1] de ma filleule.

Mon amie, sœur de sang, j’espère que tu pourras recoudre la peau de tes plaies. De ton refuge laurentien dans la vallée de la Rouge, ton âme doit ressentir le pouvoir qui habite la rivière du Grand Esprit.

Je souhaite que tu retrouves l’équilibre dans tes pensées tourmentées par la perte de kinitcanic[2] après toutes ces années de misère, d’incertitude et de désespoir.

Que le Grand Esprit t’accompagne dans la guérison.

Matcaci, Ki micta sakihitin[3]

Dakota, ton alliée pour toujours

[1] mocassins

[2] ton enfant

[3] Au revoir, je t’aime beaucoup

Denise Montpetit

2e prix/Gisèle Lanthier-Bart
Le texte du deuxième prix
des Belles lettres des Laurentides 2021

Lune,

Tu saignes ce soir ! Tu saignes et pleures et trembles. Car de là-haut tu regardes la terre et te demandes jusqu’où iront les humains.

Quand s’arrêteront-ils de tout détruire sur leur passage, se croyant seuls ayant droit, ayant pouvoir. Se défendant de leur devoir, qui n’est pas de possession, mais de don de soi, et non pas de gloire, mais de prendre soin.

Là, tout en bas, c’est la cohue. Ils la trahissent, l’incendient, la submergent de par leur négligence. Ils la scalpent de ses arbres, plastifient ses eaux, inconscients que par ce fait même ils empoisonnent de leurs propres mains leur propre nourriture. Ils intoxiquent l’air qu’ils respirent utilisant à outrance sa richesse souterraine qu’ils surnomment « l’or noir ». Puis, apeurés qu’elle s’épuise, ils la quittent pour d’autres sphères.

Pendant ce temps, ils se désintéressent des innombrables miséreux qui meurent ignominieusement de faim, cependant qu’agonisent des bêtes, des eaux, des forêts, innombrables.

Et non satisfaits de léser une grande partie de l’humanité, ils assassinent, éliminent, exterminent, mutilent des peuples entiers, à armes blanches, à armes noires, à bombes, à la machette, quand ce n’est pas au volant de bolides-béliers ou d’avions surchargés de kérosène et d’humains sacrifiés.

Et ces peuples, meurtris, après avoir nourri leur sol de leur fierté, de leur chair et de leur sang, après avoir erré de terres sanglantes en périlleux océans, se retrouvent, esclaves ou parias, dans des abris insalubres, ou mendiants au coin de rue hostile, ou endoctrinés, armés à leur tour, qu’on soit homme, femme, ou enfant, peu importe.

Cependant que sur nos tables de la « classe moyenne » s’amoncellent des victuailles encore abondantes, mais jusques à quand ? Pour combien de temps encore ? Comment ? Comment guérir les hommes, mes frères, de cette haine immonde ? De cette putride indifférence ?

Lune ! J’ai honte de mon impuissance ! Honte de ma léthargie !

Je sais qu’il est tard à l’horloge tonitruante qui nous alerte depuis un demi-siècle, qui nous fait de grands signes de sa grande main, qui nous envoie des prophètes et des savants lesquels nous refusons de croire.

Le Veau d’Or étincelle encore, ignorant que son règne est désormais sous surveillance, que les dieux en colère ont commencé subrepticement, mais sûrement leur œuvre d’érosion de sa base fragilisée.

Déjà, de microscopiques êtres vivants ont pris la revanche de notre planète sur ses habitants et ça y est, nous portons le masque annoncé, tant redouté.

Quand donc quitterons-nous le confort de notre sommeil entêté ?

Lune ! Toi qui normalement veilles lumineuse sur nos nuits, tu saignes et pleures et trembles ce soir.

Apprendrons-nous jamais le respect de la Beauté ? La reconnaissance ? La Fraternité ? Le Partage ? Apprendrons-nous simplement à Aimer ?

Lune ! Je le souhaite !

Te remerciant de m’avoir lue, je signe

Une Terrienne qui pleure et tremble avec toi ce soir.

Gisèle Lanthier-Bart

3e prix/Manon St-Hilaire
Le texte du troisième prix
des Belles lettres des Laurentides 2021

12 octobre 2021

Cette lettre d’amour s’adresse,

À toi l’élève pour qui les marches de l’autobus sont déjà les premiers pas de la montagne que tu dois gravir chaque jour à l’école. Une montagne où les points d’interrogation sont tellement plus nombreux que les points d’exclamation. Une montagne où les panneaux indicateurs de la sortie vers la réussite te semblent écrits dans une langue indéchiffrable, Oui, toi, l’élève en difficulté.

À toi, l’élève qui franchit les portes de l’école la gorge déjà serrée et le cœur lourd. Tu te demandes de quoi seront faites les 445 minutes de cette autre interminable journée d’école. Moqueries ? Violence ? Humiliation ? Oui, toi, l’élève intimidé.

À toi, l’élève de maternelle de la classe voisine qui hurle et hurle encore parce que tu ne comprends pas de quoi est fait le monde scolaire dans lequel on t’a placé. Un monde où il y a trop de bruit, trop de mouvement, trop de lumière. Oui, toi, l’élève différent.

À toi, l’élève qu’on verra tourner en rond à la récréation aujourd’hui encore. Tu surveilleras le cœur rempli d’espoir les signes de bienvenue ou les coup d’oeil invitants, mais tu n’en verras pas aujourd’hui non plus. Oui, toi, l’élève rejeté.

À toi, l’élève qu’on place dans un coin de la classe un peu isolé. Tu entends des soupirs ou des reproches à chaque fois que la tempête se lève dans ta tête et que les fourmis reviennent une fois de plus mettre le feu à tes jambes. Tu voudrais leur montrer que tu es capable de faire mieux, leur dire que tu fais des efforts, mais c’est peine perdue. Cette fois encore, tu n’auras pas le dernier mot. Cette fois encore, quelque chose parlera plus fort que ton cœur. Oui, toi, l’élève dérangeant.

On prend le temps de t’écrire cette lettre aujourd’hui parce qu’on veut te dire que tu es important. On veut que tu saches qu’il y a des solutions pour que tu sentes plus aimé, plus adéquat, plus fort, plus entouré, plus calme, plus heureux. Tu verras que l’école ça va être géniale pour toi aussi bientôt. En attendant que tu trouves tes propres clés, nous te tendons la main pour te dire que nous serons solidaires, engagés et proactifs envers toi. Nous te promettons de faire beaucoup d’efforts pour que notre école se conjugue avec nous plutôt qu’avec je et tu. Nous te promettons de faire de notre école un monde meilleur, une école qui construit des ponts que tu pourras traverser dignement, le cœur enfin en paix.

De tes amis

Manon St-Hilaire et sa classe de sixième année de l’école Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Saint-Jérôme

Le projet de loi 96

Le Mouvement Québec français des Laurentides (MQFL) adressait récemment une lettre à tous les députés des Laurentides pour leur faire part de ses inquiétudes sur certains éléments du projet de loi 96, Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français. La contribution du MQFL au débat actuel vise à proposer des pistes de réflexion aux députés de la région afin qu’ils puissent les analyser et améliorer éventuellement le contenu du projet de loi lors de son étude en Commission parlementaire.

Dans un premier temps, le MQFL souligne que le gouvernement du Québec a déployé des efforts colossaux, qui pourraient être qualifiés d’historiques, pour améliorer la situation du français en présentant le projet de loi 96.

Le MQFL retrouve, avec satisfaction, dans les notes explicatives du projet de loi, les grands principes devant guider l’État dans sa mission de promotion et de défense de la langue française, langue commune usuelle et officielle de la nation québécoise et expression de notre culture spécifique.

Le président, Réjean Arsenault, souligne que le MQFL n’a pas adopté un point de vue de juristes dans sa réflexion sur le projet de loi et qu’il n’avait nullement l’intention de disséquer chaque article de ce volumineux projet de loi. La démarche privilégiée désirait simplement et humblement offrir aux représentants gouvernementaux des Laurentides une coopération et une participation au projet en proposant quelques éléments clés qui, selon le MQFL, mériteraient d’être discutés lors des débats en caucus ou en commission parlementaire.

À plusieurs endroits dans le projet de loi, comme à l’article 13-4.6, on souligne la présence du mot <peut> devant l’action que l’OQLF est appelé à mettre de l’avant. Cette possibilité d’action devrait être remplacée par une obligation d’action. C’est pourquoi, le MQFL demande que le mot <peut> soit remplacé par le verbe <doit>.On souligne que la latitude laissée aux responsables de l’application de la loi par le passé n’a manifestement pas su valoriser le français comme il se doit. Le présent projet de loi en est l’expression vivante. L’identité francophone du Québec se manifeste évidemment de différentes façons. La langue d’affichage est l’expression de notre identité propre. Elle est le reflet de ce que nous sommes pour chacun de nous comme pour le touriste que nous accueillons. Le gouvernement ne peut ignorer les noms à caractère anglophone de certains commerces, de certaines compagnies ou de certains groupes artistiques. Ce paysage d’affaires, se dessinant intentionnellement en anglais, occupe le haut du pavé de plus en plus, malheureusement. Le MQFL est d’avis que le projet de loi 96 devrait fixer des balises plus contraignantes au bureau du Registraire du Québec. Les noms des entreprises d’ici devraient s’afficher en français uniquement, sauf de rares exceptions. Ainsi, comment expliquer qu’une boulangerie de Morin-Heights fut autorisée à porter le nom <Le Breadshop>? Et que dire du bistro vietnamien <Pho King Bon> à Rosemère? L’affichage des entreprises et des commerces ne met pas en évidence le fait français du Québec et le MQFL est d’avis que l’article du projet de loi dans sa forme actuelle « le français doit figurer de façon nettement prédominante » n’améliorera pas suffisamment la situation. Selon les membres du conseil d’administration du MQFL tout le chapitre concernant l’enseignement collégial devrait être revu et amélioré, à la lumière des données sociologiques et des statistiques, car tant dans sa forme que dans son fond, il apparaît être un prévisible générateur de discriminations et un coffre à outils idéal pour les avocats désireux de défendre «la veuve et l’orphelin». Actuellement, le rapport disproportionné de francophones et d’allophones fréquentant le réseau collégial anglophone est décriée par de nombreux analystes du monde de l’éducation. Le gouvernement par son projet de loi 96 ne semble pas vouloir corriger cette situation.En dernier lieu, le MQFL partage son inquiétude générale face à l’envahissement grandissant de l’anglais dans les réseaux de référence de la jeunesse, notamment dans les moyens de communication de masse. Les jeunes sont en contact quotidien avec l’environnement culturel anglophone et le projet de loi est faible à ce chapitre. La culture francophone doit être promue et valorisée davantage. Elle devrait envahir notre environnement et être plus présente sur les ondes et dans les différents médias.

La Commission parlementaire qui doit étudier le projet de loi 96, débutera le 21 septembre. Le MQFL invite la population à suivre les débats sur cet important projet de loi.

La situation du français au Québec
exige un geste courageux et audacieux

Depuis des décennies, la question linguistique fait l'objet de débats au Québec. Beaucoup de paroles et peu d'actions depuis l'adoption de la Loi 101 en 1977. L'Assemblée nationale, sous l'inspiration du ministre Camille Laurin, donna au peuple du Québec une loi toute particulière à laquelle on attribue les caractéristiques d'une Charte. Par celle-ci, on voulait reconnaître la volonté des Québécois d'assurer la qualité et le rayonnement de la langue française. Le gouvernement de l'époque était donc résolu à faire du français la langue de l'État aussi bien que la langue d'usage du monde du travail, de l'enseignement, des communications, du commerce et des affaires. Cette langue française est donc devenue la langue officielle de la Nation québécoise et le principal facteur de cohésion sociale.

L'année 2020 a connu sa pandémie "COVID-19", mais la population québécoise (et même canadienne) semble vouloir terminer l'année sur la question identitaire reliée à la langue française. Les recherches et les sondages se multiplient et démontrent que le français est en danger, et ce particulièrement à Montréal. Tout en partageant cette inquiétude face à la Métropole, le Mouvement Québec français des Laurentides (MQFL) observe également un phénomène d'anglicisation dans les Laurentides par sa vitrine commerciale qui présente de plus en plus des noms d'entreprise en langue anglaise (voici à titre d'exemples : Bumper to Bumper, Breadshop, Pho King bon et bien d'autres). On peut se demander pourquoi le bureau du Registraire des entreprises du gouvernement du Québec permet à des entreprises québécoises de s'afficher dans la langue de Shakespeare. Inutile d'insister sur l'envahissement des entreprises américaines et internationales.

Cette anglicisation se manifeste également par l'omniprésence de la chanson anglophone dans les commerces et les centres d'achats. Un sondage de Léger commandé par le Mouvement Québec français national (MQF), en 2018, indiquait que la musique commerciale n'était pas un enjeu prioritaire pour la plupart des commerçants. Il est en effet excessivement rare d'entrer dans un commerce et d'être accueilli dans une ambiance musicale francophone.

Le Mouvement Québec français des Laurentides considère que le ministre responsable de la langue française, monsieur Simon Jolin-Barette, a le devoir de répondre rapidement et efficacement aux attentes des Québécoises et Québécois après avoir promis un plan costaud pour remédier à la situation du déclin du français. Le gouvernement ne pourra pas se contenter d'une "réformette" ou d'un "raboudinage" de la Loi 101. La Nation québécoise attend davantage. Il devra intervenir dans plusieurs facettes de la vie collective afin que la langue française demeure le véhicule d'expression privilégié de l'identité et de la culture québécoises. Il se devra d'être audacieux afin de poser un geste courageux et historique qui pérennisera le français, langue commune au Québec, image de notre identité nationale, véhicule de notre culture.

Les données du sondage sont disponibles sur le site du MQF dont voici le lien : Études, mémoires et auditions - Mouvement Québec français - Défenseur de la langue française (quebecfrancais.org).

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